Identité ? : Numérique !
Même si le débat du mois touche peut-être à sa fin, il m’a été très agréable de lire vos nombreux témoignages personnels. Ainsi il m’est apparut plusieurs petites idées complémentaires.
Avant toute chose, l’activité numérique a énormément évoluée depuis plusieurs années.
Je me rappelle, il n’y a pas si longtemps (enfin presque 10 ou 15 ans,,,déjà), lorsque j’étais étudiante et en début de carrière, presque personne ne savait ce que « infographiste » voulait dire. Nous étions au début du balbutiement de l’ordinateur, et la différence était énorme entre la pratique du Macintosh et du PC. C’était deux mondes différents dans la pratique professionnelle. L’ordinateur de référence chez Mac était le quadra 700,900, pour la famille des graphistes. Il fallait avoir un esprit de "conquistador", à la Christophe Colomb, pour imaginer, créer, les projets graphiques. C’était merveilleux de pouvoir imaginer des astuces, voire des acrobaties et pirouettes entres logiciels pour arriver à ses fins, et finaliser un produit enfin élaboré par des nuits blanches de calculs.
A cette époque, internet n’existait pas en France, et nous faisions beaucoup de conférenciers animés diffusés par projection en séminaires privés. Nous avions besoin d’un poste équipé d’une carte « nu-vista » pour la projection, et le vidéoprojecteur était énorme, et très difficile à régler.
Aujourd’hui, tout est beaucoup plus facile !!
Bref, à cette époque, le problème d’identité numérique, concernait essentiellement l’identité du produit et de la Marque, ou de l’agence de création.
Avec l’arrivée d’internet, et la démocratisation de l’informatique, l’ensemble a évolué.
Le métier d’infographiste a perdu de sa pertinence au profit d’un savoir-faire démocratisé.
Le PC a chassé le règne des Mac, et les gens sont tous devenus des infographistes en herbe.
Aujourd’hui, il est vrai que les logiciels sont devenus accessibles et avec un minimum de goût, chacun peut créer un univers virtuel, et faire l’apprentis-sorcier. Tant mieux pour tous, mais en même temps le métier de graphiste/infographiste a explosé. Des écoles se sont créées et les places sont devenues moins nombreuses, alors qu’au même temps pour les entreprises le budget communication a été diminué.
Mais parlons enfin d’identité » numérique.
Donc nous voici à la génération clavier, dans l’univers d’internet et ses amis. L’espace et ses étoiles, le miroir de facettes et les reflets qui brillent d’une étoile vers l’autre.
J’adooore !!!! ore,,,, ore ,,,,,ore,,,, (c’est l’écho))))
Internet est aussi grand que l’univers et aussi petit qu’une toile d’araignée.
Microcosme et macrocosme au bout des doigts ou petite souris astronaute !!!
Mais avant tout, je trouve que toutes les possibilités qui nous sont offertes aujourd’hui, apportent un développement de l’identité, IDENTITE.
On nous avez dit, que l’ordinateur supprimerait les écrits,,,,, et bien tout au contraire.
Depuis l’apparition d’internet, les gens communiquent de nouveau, mais différemment.
Evidemment on ne parle plus à son voisin de palier, mais on se plait à trouver des contacts numériques. On « tchat », et on peut se créer un personnage numérique.
C’est le jeu, être soi-même, mais aussi se créer un tout autre personnage, fantastique et ludique tel le super héros des bandes dessinées. Donc, je ne suis pas psychiatre, mais il serait intéressant d’avoir l’avis d’un sociologue, psychologue, sur le nouveau comportement psychologique que cette dimension virtuelle nous a apporté. Est-ce que l’écran est un nouveau miroir, dans lequel peuvent se refléter les symptômes pathologiques de l’individu ? Comment contourner l’appel de ce grand vide, de ce grand silence de solitude face à l’ordinateur ?
Plus précisément au sujet de la gestion de l’identité numérique, j’ai observé l’apparition d’une recherche d’identité depuis que le tout grand public peut créer soi-même son site internet. La question était différente lorsqu’une entreprise petite ou grande commandait la création de son site à un infographiste ou une tierce personne. L’analyse de l’identité et des besoins étaient traités par une personne extérieure qui avait un certain recul sur la prestation réalisée.
Aujourd’hui, le self service, amène donc à se poser ces nouvelles questions d’analyse.
- Quelle est la cible de notre visibilité ?
- Que sont les caractéristiques de nos portraits professionnel et humain ?
- Quel est l’espace « virtuel » de discussion possible avec un réseau numérique ?
- Quelles seront les conséquences d’une identité numériquement mal représentée ?
Je me pose également toutes ces questions, mais je pense que cette nouvelle représentation va encore évoluer, tout comme il y a quelque années quand l’Art Moderne est apparu, il était dérangeant par sa nouvelle écriture.
La peinture de Van Gogh a d’abord été mal comprise de par son énergie surprenante, alors qu’aujourd’hui, c’est un peintre mondialement populaire!!!!
Pour conclure, je crois que dans toute représentation, l’intérêt c’est d’offrir une part de soi-même, de notre « être » qui nous rend en cela unique.
Chaque jour, ensemble nos créons l'internet de demain...